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Dans la Vie des Pêcheurs

Dans la vie des Pêcheurs 

La pêche artisanale maritime, une symphonie d'efforts qui façonne la vie des pêcheurs dans les départements côtiers du Bénin. Plus de 4 305 artisans, Béninois, Ghanéens, Togolais, et Nigérians selon l'enquête Cadre Pêche artisanale Maritime du Bénin en 2014, s'adonnent à cette quête quotidienne. Cependant, malgré leur rôle essentiel dans notre quotidien, leur vie demeure très souvent méconnue.


La pêche maritime artisanale dans le département de l'Atlantique au Bénin plus précisément à Togbin-Daho, notamment celle qui utilise les filets senne de plage avec poche, représente une activité essentielle pour cette communauté. Ces pêcheurs dépendent largement de la richesse des ressources marines pour assurer leur subsistance et contribuer à l'économie locale subvenir à leurs besoins et celles de leurs familles.

Ces pêcheurs utilisent des filets senne de plage avec poche (Aguinnin), une technique traditionnelle qui consiste à déployer un grand filet en forme de mur dans l'eau. Les pêcheurs tirent ensuite sur les extrémités du filet pour le refermer en un cercle, capturant ainsi les poissons à l'intérieur de la poche centrale. Avec cette méthode de pêche, ils visent une variété d'espèces marines, y compris des poissons côtiers et d'autres espèces pélagiques qui migrent près des côtes (une méthode difficile et lente des autres).

La pêche maritime artisanale au Bénin joue un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et la création d'emplois locaux. Les communautés côtières dépendent fortement de cette activité pour leur subsistance quotidienne ainsi, les pêcheurs étrangers en font de cette activité leur travail à plein temps et rentrent une fois par an pour fêter la pâque avec leurs familles (en avril et reprennent en mai par fois).


Pour ce lever tôt le matin pour lutter contre les vagues salées, mais aussi contre les défis économiques et environnementaux ils sont installés sur la plage tout au long de cette côte depuis des années malheureusement aujourd'hui ils sont exposés à des conditions de vie difficiles, particulièrement touchés par le projet gouvernemental qui a cassés les bars, les maisons et leurs campements dans le cadre des travaux d'aménagement urbaine dans ces zones. Ils sont également confrontés à d'autres phénomènes tels que ; la diminution des ressources halieutiques, le changement climatique qui fait qu'ils ne travaillent pas certains jours de la semaine.



Concentrant sur la communauté des pêcheurs après mes premières approches qui ont été refusée en 2020. Grâce à ma persévérance, après l'acceptation, ces pêcheurs partagent leurs images comme souvenirs avec leurs familles.

C'est un projet qui me tient vraiment à cœur et je me suis investir à 100% parce que; Malgré leurs efforts et leur rôle, la vie de ces pêcheurs demeure très souvent méconnue. 

Aguinnin 

Deuxième phase du projet

 

Entre gestes et marées, une mémoire fragile est un projet photographique inédit qui explore la fragilité et la résilience des communautés de pêche artisanale du littoral méridional béninois, en particulier à Togbin Daho, village aujourd’hui menacé par l’érosion côtière, le changement climatique et les logiques d’aménagement touristique et industriel. Conjugant rigueur plastique et puissance critique, ce travail propose une traversée sensible d’un territoire en tension, où la mer avance inexorablement et emporte avec elle non seulement des maisons et des ressources, mais aussi des mémoires et des gestes transmis de génération en génération. Chaque image se veut opératoire : elle capte les gestes quotidiens et rituels qui lient l’homme à la mer — une barque sanctuaire, un filet comme prolongement du souffle des ancêtres — mais trace surtout une esthétique de la disparition, où le visible interroge ce qui s’efface. 


Aguinnin met en lumière une double violence : celle de l’environnement, qui déplace les rivages et assèche les ressources, et celle, symbolique, qui invisibilise ces communautés en les assignant à une marge silencieuse du développement. Face à cette dynamique d’effacement, l’acte photographique devient un contre-geste, une contre-archive, un outil d’endurance et de transmission. Ce projet s’inscrit à rebours de toute esthétisation misérabiliste, en choisissant le détail, le silence, la répétition comme formes de vérité, révélant que la pêche n’est pas seulement un travail économique, mais une cosmologie vivante, un théâtre de liens avec l’invisible, avec la mer comme matrice, et l’horizon comme promesse et perte.

En plaçant les acteurs locaux au centre du récit, Aguinnin réinvente la photographie comme puissance de liaison et non comme regard captif, et propose un dialogue critique avec les enjeux contemporains de justice environnementale, de souveraineté narrative et de reconquête des regards sur soi. Il ne s’agit pas seulement de figer, mais de transmettre dans l’urgence : sauvegarder une mémoire incarnée avant qu’elle ne disparaisse, tout en créant une archive visuelle destinée à nourrir le débat global sur le climat et l’avenir des mondes côtiers.

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